24 Février 2010

Quelles sont les perspectives qui se dessinent pour les 10 prochaines années ? Quelles perspectives, mais surtout, quels passages obligés pour l’internet ?
Comment la société en général peut-elle évoluer dans ce modèle numérique ? Les réseaux sociaux sont-ils une mode passagère ? Comment pourrons-nous combler la fracture numérique ?
Il est bien difficile de répondre par avance à toutes ces questions, mais au moins est-il possible d’imaginer, d’après les tendances actuelles, là où nous risquons de DEVOIR aller et, ce faisant, de définir les voies sur lesquelles l’innovation va porter et certainement constituer autant d'eldorados.
Avant de livrer d’un bloc ce que sont ces 7 voies d’innovation, il est plus que nécessaire de comprendre un certain nombre de mécanismes qui représentent actuellement les enjeux du “Web” et, avec eux, ceux du SAVOIR, au sens large.
Les moins courageux ou les plus pressés pourront se rendre à la fin (publication complète à mi-mars 2010) de cette démonstration pour les découvrir, mais il faut les avertir que, sans un minimum de compréhension de ce que sont les “sciences” en jeu dans ce sujet, ils pourraient ne pas percevoir du tout leurs portées ni surtout comment les exploiter pour leurs propres projets d’innovation.
Cette étude prospective est le fruit d’un travail collectif réalisé par Bastien Donjon, Sylvie Gouédart et moi-même, Luc-Olivier Lafeuille, dans le cadre d’un projet d’innovation technologique (Vicus et Civatis) que nous menons depuis plusieurs mois.
Aux connaisseurs des sujets abordés : Il n’était évidemment pas question que ce document se transforme en ouvrage technique, les domaines techniques sont abordés en surface. Ceux qui veulent en savoir davantage trouveront une liste de liens à la fin.
A- Le POIDS de l’HISTOIRE
Globalement notre société a été prise de court par le phénomène de masse. Au début gadget informatique, l’internet est devenu une source d’information — comme le prévoyaient d’ailleurs les études sur la société de l’information des années pré-2000.

En effet, jusqu’alors, la société était essentiellement canalisée par un contrôle extrême de la connaissance, celle n’entrant pas dans le moule étant invalidée par divers moyens que la majorité au pire ignorait, au mieux réprouvait. Les pouvoirs se servaient de ce contrôle sur la connaissance pour se maintenir en place et ce depuis aussi longtemps que l’homme a écrit et que l’on a pu en savoir assez sur ses castes dirigeantes.
Napoléon 1er, par exemple, s’est servi d’une transformation de notre histoire pour renforcer l’acceptation de l’Empire (et donc du coup d’état) en introduisant le “Nos ancêtres les Gaulois” apposé de l’image du “Gaulois bagarreur et incontrôlable” et démontrant ainsi le besoin d’un gouvernement centralisé fort.

02- Manipulation du savoir pour transformer un état d’esprit collectif
Au delà de ce côté négatif malgré tout périphérique, il faut surtout regarder le savoir comme le SOCLE DU COLLECTIF, socle qui permet au collectif de continuer sa marche évolutive, puisque capitalisant l’expérience des ancêtres et réduisant la nécessité de refaire les mêmes expériences.

Toutefois, ce qui fut et est encore reproché au savoir, c’est justement d’être trop régenté et de ne pas pouvoir être alimenté par un peu tout le monde sans qu’il soit nécessaire d’être dûment identifié (donc coopté) comme l’expert - ou l’élite - approprié, seul à même de fixer ce qui est bon, ce qui est correct, ce qui est vrai ou non.

04- Cooptation des élites
Ce qui, en guise d’introduction, nous amène directement à notre sujet.
B- Le SAVOIR en tant que SOCLE PROSPECTIF
A-t-on encore besoin de se questionner si oui ou non il s’agit bien de “SAVOIR” que les gens viennent chercher sur le net ? Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tout petit peu d’observation et de regarder les tendances de recherches dans Google, pour ne citer que lui. On peut toujours prétendre qu’il s’agit d’un phénomène de marge ou de frange et qu’ils viendrait surtout y chercher de l’information au sens journalistique du terme — sur-valorisation de l’importance de l’INFORMATION — mais ne serait-ce pas, justement, réduire à rien ce sur quoi l’information repose : le SAVOIR.
Ceux qui donnèrent au phénomène de l’internet le nom de SOCIÉTÉ de l’INFORMATION ne lui ont-ils pas prêté ce nom étrange parce que, encore dans le moule d’avant la venue du net, ils n’imaginaient pas que leurs wagons resteraient en gare tandis que le reste du train était déjà loin ?
Combien de requêtes sont-elles faites par jour pour trouver des sources de savoir, de connaissance. Combien de notes, d’articles de méthode, de réflexions, de comptes rendus, de listes, de tableaux, d’analyses, de mémoires sont conçus chaque jour et, phénomène bien différent de ce qui se passait avant, conçus par Madame et Monsieur Tout le Monde.

05- Dissipation du règne des élites
Quand hier il fallait publier un livre pour rendre publics un tant soit peu sa pensée, son savoir et ses expériences, qu’il fallait passer à travers les arcanes de l’édition ou faire des photocopies et les vendre sous le manteau, aujourd’hui, la CONSTITUTION du SAVOIR, se fait et s’alimente sans aucun obstacle dans toute la chaîne : Pensée - Transcription - Publication.

06- La chaine de Constitution du Savoir
L’ultime baroud d’honneur de la presse et autres détenteurs d’une carte d’élite du savoir est sans doute l’ultime expression de désespoir d’un passé révolu. Aujourd’hui le savoir appartient à tous, il est composé par tous et ce n’est pas parce que “des gens” écrivent des choses imprécises, tronquées ou fausses que leurs écrits ne constituent pas un des éléments du trésor de l’humain. D’autant que qui peut prétendre ou pourrait prétendre avoir autorité pour en juger et l’interdire ?

07- Le monde s’affranchit des élites
Au delà de la constitution volontaire d’éléments de savoir qu’apportent quotidiennement les blogueurs et écrivains du net, les réseaux sociaux représentent désormais une autre forme de contribution au savoir, moins structurée mais bien plus riche, parce que spontanée, micro-macroscopique, réactive, ...
Ne dit-on pas aujourd’hui que 80% du savoir et de l’information des entreprises ne sont pas structurés ? C’est là que se trouve le gisement de croissance des années à venir, justement dans la capacité à exploiter ce désordre, qui n’aura pas été déformé à coup de pied pour entrer dans des cases pré-pensées.
C’est donc sur la capitalisation du SAVOIR “INFORMALISÉ” qu’il faut faire notre chemin car c’est ici qu’il y a une masse sans cesse croissante de contributeurs et, pour faire écho aux recherches sur le chaos, qu’il faut construire une autre façon de penser, non mathématique, non cartésienne, qui permette d’en comprendre l’essence, d’y créer des lignes de structure, uniques pour chacun, à un moment précis.

08- 80% de savoir “informalisé” (savoir non structuré)
Fin de la première partie
Les autres parties
C- De la FRACTURE naquit le BESOIN - vers une société 3.0
- Société 1.0 - pré-2000
- Société 1.5 - 2000-2005
- Société 2.0 - 2005-2009
- Les Technologies "Fluviales"
- Les Technologies Sémantiques Comportementales
- “Fleuves” et Sémantique Comportementale
- Conclusion
- De la conscience des composantes surgit la connaissance
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