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Cette semaine L'Entreprise Globale recevait Alain Thys.
"C'est une industrie [...] et comme chaque industrie elle veut continuer d'exister"
Alain Thys

Et c'est bien le grand problème, mais les Marketeurs ne sont pas les seuls touchés par ce phénomène : l'informatique (j'en viens - je sais de quoi je parle), la téléphonie (j'en viens - je sais de quoi je parle aussi) ... Toutes deux entretiennent des non-technologies parce qu'elles rapportent de l'argent.

Tenez, le prix du SMS, je ne vais pas faire un cours de techno ici, mais quand on connaît le volume de données pour passer de la voix en numérique (donc le principe de la téléphonie d'aujourd'hui) en rapport au microscopique volume qu'il faut pour passer un SMS (de 140 cars env.), c'est hallucinant la largeur du ravin. Si l'on payait la voix au prix du volume/SMS, elle coûterait 10.000 fois le prix qu'on la paye actuellement. Et pourtant, le SMS se porte bien !

La pub ? C'est pareil. Ce milieu produit du standard que le milieu considère comme ce qu'il faut faire. Mais quand on analyse deux secondes la chose, on découvre que l'enkystement est très profond :
  1. le créatif sait ce qu'il faut faire - dans la norme
  2. le concepteur sait ce qu'il doit faire pour satisfaire à la norme, à ses collègues, au responsable de comm de la boîte pour qui il bosse, à son Directeur Artistique ...
  3. le responsable de comm sait ce qu'il faut faire pour ne pas être critiqué par ses colègues (qui voudraient bien sa place), pour ne pas être victime des médias qui pourraient l'accuser de ne pas être dans la norme, pour ne pas se faire "bananer" à la prochaine parution de la revue mensuelle des Directeurs de Création, pour ne pas se faire rabrouer par son patron pour avoir sorti un truc pas assez "convenable".
  4. le patron, en deux mots, il est versé entre ce qu'il faudrait faire pour faire marcher la boite et ce qu'il faudrait faire pour ne pas se retrouver critiqué par ceux qui ont été cités plus haut.
  5. Et, on ne s'étendra pas sur le risque que cela représenterait pour l'agence, pour le marketeur ... de recommander des solutions ou des concepts en dehors de la norme.


J'ai travaillé il y a quelques années pour un fabriquant de ... c'était dans le médical, le Responsable de Comm m'avait dit la chose suivante : Le Salon des ... ça ne sert à rien, mais on y va quand même tous les ans. On prend un stand, on met 2 barriques de bon Bordeaux, 2 belles hôtesses, les gens, les clients viennent et on ne parle pas de boulot. Le boulot, on le fait lors du safari que j'organise chaque année. Ça, ça paye ! Et là on fait vraiment notre job. On signe des contrats à la pelle. Hôtel de Luxe. Les conjoints sont invités. Grande soirée de Gala ... Je lui demandais alors pourquoi il continuait d'être présent dans Le Salon des ... Que veux-tu, me répondit-il, si nous n'y sommes pas, dans les jours qui suivront, toute la presse professionnelle annoncera notre dépot de bilan "prochain". Il exagérait sans doute un peu. Mais peut-être pas tant que ça, finalement.

Alain Thys parle de "déconnexion". C'est sans doute plus fort que ça. C'est certainement un problème d'Éthique professionnelle.

 


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