12 Mars 2009

La presse se gausse du logo de “Pôle emploi” qui aurait coûté 500.000 € ; et Marianne 2 (et d’autres) d’ajouter que c’est moins cher que les 2,4 Millions d’€ qu’aurait coûté celui de l’ANPE.
Décryptage !
Non, un logo ne coûte ni 500 K€, ni 2400 K€. Ce qui pourrait coûter un tel prix c’est l’application qui en est faite, ce que l’on nomme les déclinaisons du logo, et son exploitation.
1/ Le logo doit être décliné sur tous types de supports institutionnels permettant d’identifier l’entité : entêtes, cartes de visites, documents administratifs à destination du public, enseignes de rue, marquages de vitrines, de véhicules, ... Ces déclinaisons nécessitent bien souvent un travail d’adaptation de format et de look.
2/ Chaque élément décliné doit être “fabriqué”. Je ne sais pas combien compte de membres cette nouvelle entité d’état, ni de combien d’antennes elle dispose, ni même combien de véhicules et encore moins combien de documents administratifs elle utilise, mais ce doit être assez conséquent en terme de coût de fabrication.
Que couvrent donc les 500 kEuros ? Tout cela ? Une partie ? Et que couvraient effectivement les 2,4 MEuros précédents ? Sans doute pas la même chose, parce que le budget "logo Pôle Emploi" est annoncé pour finalement 5 fois moins que celui de l'ANPE !!! l'inflation étant ce qu'elle est, on imagine mal que pour un même service, le prix ait pu être réduit de 80 % ?!?
S’il est assez logique d’entrer, dans le coût d’un nouveau logo pour une entité existante (une entreprise, un organisme, une association, ...), les coûts de changement d’enseignes, de marquages de vitrines, de véhicules, de changement des documents administratifs, quand il s’agit d’une nouvelle entité, ce n’est plus logique. Or, “Pôle emploi” c’est nouveau !
Cela dit, le président de l’Unedic, Geoffroy Roux de Bézieux (également président de Virgin Mobile France), semble très peu au courant de son dossier. Interrogé par JP Elkabbach sur Europe 1, il répond à la question par un : “dans la vitesse de la fusion, on a payé un peu cher”, puis de justifier par un : “... un comité d’audit, que je vais présider, [qui] va s’atteler à tout ça dans les mois qui viennent” et de compléter par un autre : “essayer de réduire un peu les coûts pour que l’argent aille au bon endroit”. Mouais !
On peut quand même se demander s’il est bien normal qu’une telle masse d’argent soit consacrée à une entité d’état qui n’a, pour le moment, que la vocation de faciliter le retour à l’emploi et le versement des allocations chômages, et qui doit faire ses preuves et se démarquer de l’ancienne ANPE.
Certes le projet d’en faire un organisme dynamique qui joue un vrai rôle dans la dynamique de l’emploi du pays pourrait éventuellement justifier qu’une bonne communication soit nécessaire.
Mais dans le cas présent, qu’est-ce qu’une bonne communication ? N’est-ce pas d’abord éviter que l’on parle de cette entité de manière négative ? N’est-ce pas au contraire montrer l’exemple d’une volonté farouche de dépenser le minimum pour le look et le maximum pour la mission.
On m’aurait confié le dossier, j’aurai commencé par : simplicité, ultra sobriété, minimalisme même. J’aurai sans doute recommandé de ne faire aucun logo, une typographie toute simple, pas de symbole. Et pour les nécessaires éléments qui permettent d’identifier l’organisme, j’aurais recommandé la banale enseigne, la carte de visite réductrice, ... Et avec l’argent économisé, j’aurais sans doute recommandé de lancer une enquête qualitative pour connaître les vraies attentes de ceux qui cherche un job, de ceux qui proposent du job, et recommandé de mettre en œuvre ce qui se dégageait de l’enquête, et de mettre tout ça noir sur blanc sur un site web, le plus dépouillé possible et ne sentant pas trop le “fric” !
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