15 Juin 2010
Source (Sécurité Routière - Youtube)
Difficile, visiblement, de mettre tout le monde d’accord sur la manière de s’y prendre pour sensibiliser les opinions, surtout sur des sujets aussi délicats que l’alcool au volant, le tabac au coin du bec ou le contraceptif dans la poche kangourou.
Une chose est certaine. Quand les messages ne sont que suggestifs, les défenseurs des victimes réclament plus de réalisme au risque de projeter leurs propres histoires au rang de l’inévitable, tandis que les autres se sentent agressés, voire trompés, par des messages trop dramatiques pour lesquels ils trouvent rapidement des arguments d’opposition.
C'est l'agence Lowe Stratéus qui signe en collaboration cette campagne avec la Sécurité Routière, elle-même. Lowe Stratéus avait signé la campagne du gilet et du triangle avec Karl Lagerfeld.
Mécanisme d’auto-protection
On le sait depuis longtemps, l’humain dispose mentalement d’un mécanisme d’auto-protection qui, lorsqu’il est confronté à une situation trop douloureuse, y compris sa promesse (son risque), l’incite à refouler la situation.
Ce refoulement s’opère grâce à de nombreux outils, dont le premier est celui de ne pas regarder ou entendre, jusqu’à celui qui consiste à s’emparer des argumentaires “contre”, voire à s’en construire soi même.
Cette attitude de refoulement est directement proportionnelle en force à l'implitude de la promesse de douleur à laquelle l’individu est confronté. Il faut entendre par “promesse” ce que l’individu peut associer comme probable pour lui-même, à partir de la situation qu’il vit ou de la chose qu’il voit ou entend.
Trop d’effet tue l’effet
En matière de santé et de sécurité publique, faire la promotion des bons comportements est un véritable casse-tête car il faut justement jongler sans cesse avec le risque d’en faire trop ou d’en faire trop peu.
C’est donc sur le facteur du communément admissible qu’il va falloir jouer pour être un tout petit peu limite, histoire de sensibiliser sans choquer, car si choc il y a, refoulement il y aura. Mais, ne l’oublions pas, le communément admissible est très variable d’une typologie d’individus à une autre. Ceux qui ont été nourris à base d'hémoglobine que dispensent les films d’horreur ne perçoivent surement pas la “réalité” de la même manière que ceux qui ont été sevrés à base d’univers hyper-protected, baba-cool et love and peace.
Promotion des risques ou promotion des bénéfices ?
Il est évident que la seule promotion des risques ne suffira jamais car le véritable problème est ailleurs, plus en amont dans l’éducation même des comportements, des référentiels sociaux...
Pourquoi ne devrait-on pas boire alors que la société dans son ensemble est organisée autour du médiateur social qu’est l’alcool ? Et cela va jusqu’au point que lorsque vous ne buvez pas d’alcool, lorsque vous êtes adulte, il faut réclamer “quelque chose d’autre que de l’eau” parce que peu penseront à vous le proposer.
Pourquoi ne devrait-on pas fumer alors que c’est devenu plus que jamais un symbole d'émancipation après avoir été un symbole de bien-être d’une société dans son ensemble ?
C’est étrange à quel point toutes ces campagnes sont orientées sur le bâton, en oubliant la carotte. Le risque, c’est le bâton. Mais quelle carotte place-t-on pour attirer et s’éviter le bâton. Rien ! Un autre bâton ?
Comme dans beaucoup de domaines, il faut un doux équilibre entre risque et bénéfice.
Il n’est de liberté sans contrainte. Mais pour accepter les CONTRAINTES, il faut avoir conscience des LIBERTÉS.
Les détracteurs pourront toujours rétorquer qu’ils connaissent leurs libertés, puisqu’ils se permettent de boire. Ce n’est pas de cette liberté dont je parle, mais bien de celles de passer une très très bonne soirée sans alcool.
Pour aller plus loin
- Sécurité routière (youtube.com)
- Sécurité routière, lutte anti-tabac... Le gouvernement est-il trop trash ? (lepost.fr/pourquoi_pas)
- Sécurité routière (www.securite-routiere.gouv.fr)


















